Nov 222018
 

Ça fait déjà un petit moment que je veux écrire cet article sur le temps de travail. Ceci afin de donner une idée de l’ampleur du travail effectué dans une ferme maraîchère, et surtout la répartition annuelle : l’été qui n’est pas le temps des vacances, et pour cause, et l’hiver qui n’est pas si calme que ça !

Les graphiques présentés concernent les 3 dernières années (2015-2017) ; qui sont des années de routine, c’est à dire qu’on a dépassé (et depuis un moment d’ailleurs), les 1ères années qui sont encore plus chronophages.

Ici, parce que je suis une tarée de l’organisation, et parce qu’Aline et moi travaillons de la même façon et avons une mécanique de binôme très fluide ; le temps de travail est hyper optimisé.  De plus, depuis notre installation en 2010, nous notons tous les temps de travail ; si bien que très rapidement, j’ai pu caler très exactement ce qu’on avait le temps de faire en 1 journée de travail. Le travail est organisé annuellement sur l’agenda en ligne pour les semis/plantations, travail du sol et récoltes (publics) ; puis à la semaine chaque dimanche soir (voir par exemple ici le programme de la semaine prochaine), et quotidiennement tous les soirs pour le lendemain. Le biais de ce genre de fonctionnement, c’est que dès qu’il y a un grain de sable, ça fout toute la semaine de travail en l’air et qu’on râle pendant des jours.

L’ensemble du travail est réparti selon les catégories suivantes :

  1. travail du sol (exclusivement Fred)
  2. semis/repiquage/plantation (Delphine + Aline)
  3. engrais/traitement (exclusivement Fred)
  4. désherbage (Delphine + Aline, quelquefois Fred)
  5. irrigation (dans la gestion quotidienne, effectué par Aline ; programmée et organisé par Delphine)
  6. entretien (tout le monde)
  7. récolte (Delphine +Aline)
  8. préparation/vente : il y a 2 livraisons par semaine (AMAPs de Changé et La Madeleine). Depuis 2017, Aline en fait 1 sur 2, alternativement le mardi et le jeudi. Le vendredi la permanence de l’AMAP de Lombron est assurée par 1 AMAPien + Delphine (qui se permet quelques fois dans l’année de ne pas y être)
  9. administratif : exclusivement Delphine

Les stagiaires et saisonniers effectuent le même travail qu’Aline et Delphine. Les AMAPiens donnent un GROS coup de main tous les ans à l’automne sur les grosses récoltes (patates, patates douces et courges) et plus épisodiquement au printemps pour des bâches de serre.

Par ailleurs, cette répartition existe également pour chaque légumes pour calculer les prix de revient de chaque culture.

Pour l’analyse des graphiques, il est nécessaire de savoir :

  • la surface de maraîchage est de 1,5 ha serres comprises ; mais nous entretenons également des haies, des arbres, nous occupons des animaux (qui eux, ne font rien du tout)…
  • nous produisons une quarantaine de légumes toute l’année ; pour une centaine de paniers
  • nous livrons les AMAPs toute l’année à l’exception de 6 semaines entre le 1er avril et le 15 mai (en général), pendant lesquelles il n’y a plus assez de légumes pour 100 paniers
  • nous sommes 3 UTH toute l’année : Delphine pour environ 1,3 temps plein, Fred pour environ 0,3 temps plein et Aline pour 0,7 temps plein puis 0,8 à partir du 01/01/2017. Parfois (rarement) nous avons des stagiaires, et quand les finances le permettent et qu’on en trouve, 1 saisonnier pendant 5 semaines l’été
  • le sol est très sableux ce qui facilite et donc rend plus rapide certaines tâches
  • les journées de travail de production (“dans les champs”) d’Aline et Delphine sont calées sur les horaires d’Aline : 10h-16h du 15 octobre au 30 avril et 9h-17h30 du 1er mai au 14 octobre (hors livraison)
  • Fred travaille en fait à l’extérieur et donc travaille le soir et le samedi
  • Depuis le début Delphine a décidé de ne JAMAIS travailler le dimanche (ce qui exclu les ventes le lundi et impose un rythme) (et tant pis pour les légumes, mais il faut savoir se ménager)
  • Delphine travaille le samedi matin 9 mois sur 12 et toute la journée de mi-avril à fin juillet inclus
  • Delphine et Fred partent en vacances en février. Les vacances et les WE c’est super, mais c’est une surcharge de boulot avant et parfois après
  • Il arrive, 2-3 fois dans l’année, qu’on laisse simplement tomber le travail, même Aline qui est salariée pendant ce temps-là aussi, et qu’on parte de la ferme faire autre chose (ensemble parce qu’on s’entend super bien). Ça évite de péter les plombs. Ça arrive, un peu plus souvent, qu’on termine plus tôt parce qu’on n’a plus rien à faire
  • Fred et Aline ont des tâches qui sont exclusivement les leurs (voir la liste des catégories) : cela me permet de libérer mon cerveau ; c’est important
  • En 2015 on n’a eu aucun stagiaire et pas de saisonnier
  • En 2016 on n’a eu 1 saisonnier en août et pas de stagiaire
  • En 2017 on a eu 5 stagiaires (l’hallu !) et 1 saisonnier en août

Passons enfin au vif du sujet ! Autant que possible pour chaque type de graphique, l’axe des ordonnées est sur la même échelle pour faciliter la comparaison.

Répartition du travail total sur l’année

(cliquez sur les graphiques pour les voir en gros)

On peut voir que le rythme est soutenu toute l’année (hors nos vacances) ; et encore plus de mi-mai à fin août. L’arrêt des livraisons de paniers de la semaine 14 à la semaine 20 n’est pas synonyme de calme !!!

Tous les ans il y a des gros pics (récoltes des courges et patates/patates douces) et des gros creux  quand Fred et moi sommes en vacances ou malades. Quand c’est Aline qui n’est pas là, le boulot est quand même fait, donc si on n’a pas de saisonnier, on travaille +.

On voit que la moyenne de travail a augmenté d’année en année sur ces 3 années-là. Ça tient principalement à l’augmentation du nombre de travailleurs sur ces 3 années : être 1 ou 2 personnes de + ne signifie pas que le travail se fait 1,5 ou 2 fois plus rapidement. Il y a toujours un temps de formation qui s’ajoute et on ne peut pas demander aux intervenants ponctuels d’être aussi rapides que nous. Mais bien sûr, la plupart du temps c’est du travail en moins pour moi et c’est déjà pas mal.

Répartition du travail entre travailleurs

(pour rappel un temps plein 35 heures, c’est 1607 heures de travail annuel et 5 semaines de congés payés)

Sans surprise, c’est l’exploitante qui travaille le plus ;). Quand Fred travaille beaucoup, c’est qu’en fait il est en vacances… Ça craint non ? Ce sont d’ailleurs ces reports d’heures qui m’ont permis de me rendre compte que Fred travaillait beaucoup trop et que je tente depuis 3 ans de diminuer sa charge de travail. C’est pas évident du tout ! (d’ailleurs manifestement, c’est un échec).

On voit que quand on a des saisonniers/stagiaires/AMAPiens, leur part dans le travail est très loin d’être négligeable.

Aline travaille 20 heures (22 depuis 2017) par semaine sur les horaires d’hiver et 30 heures (32 depuis 2017) par semaine l’été. Fred est sur une moyenne de 12 heures/semaine sur l’année, mais très variable ; Delphine entre 40 et 47 heures/semaine selon les années et avec moins de variabilité, qui s’explique parce que quand y’a moins à faire dehors, je fais plus de tâches administratives.

À savoir : un maraîcher seul sur sa ferme travaille en moyenne entre 37 heures par semaine (période creuse) et 59 heures.

Répartition du travail par tâche

Ce qui me saute au yeux, parce que je n’en avais pas conscience, c’est que l’entretien prend pas mal de temps ! L’entretien, c’est aussi bien le montage d’une serre (premières semaines de 2017) que les ouvertures/fermetures de portes tous les jours au printemps et à l’automne, le balayage du bâtiment toutes les semaines, les haies à nettoyer, le matériel à réparer…

On voit clairement que le principal du travail se situe dans la production et c’est rassurant : travail du sol + semis/plantation + traitement et engrais + désherbage + récoltes c’est une bonne moitié du temps de travail total.

Le temps d’irrigation (ouvrir/fermer des vannes toute la journée) n’est pas négligeable et est directement lié à la météo de l’année.

Le temps de travail administratif est important (30 à 40% de mon temps de travail ; 15% du temps de travail total). J’avais comme ressenti 2h/jour hors WE mais ça, ça devait être en 2015 (500 heures dans l’année environ). Depuis c’est plutôt 2,5h/jour avec 700 heures à l’année. La différence s’explique entre autres par la création fin 2015 de la boutique en ligne et donc du travail supplémentaire que cela m’octroie (gérer les commandes, faire de la pub, faire le webmaster…). C’est beaucoup comparé à d’autres fermes ; mais ce temps qui me sert aussi à organiser “à la perfection” le temps de production et permet de réduire ce dernier (et donc la pénibilité). C’est aussi parce que le système d’AMAP nécessite beaucoup d’anticipation, et énormément de communication.

tout ça c’est bien beau, mais ça m’a crevé !

Août 102017
 

(Edit : mise à jour 30/03/2018, il persistait un problème d’organisation avec la mise en place des premières cultures d’été qui est normalement résolu)

Je m’étais donnée le challenge de créer durant l’été des “rotations perpétuelles” juste pour les serres (c’est plus facile) ; c’est à dire faire les plans jusqu’à la fin de temps en année 1 ; année 2 ; année 3 …. et cycliquement.

C’est chose faite après quelques tortures de mes méninges. Je voulais également regrouper au plus possible les familles de légumes pour n’avoir qu’à “glisser” les cultures d’une année sur l’autre.

Couleurs par familles :

bleu : chenopodiacées jaune : protéagineux
rouge : solananacées violet : cucurbitacées
vert clair : valérianacées vert foncé : asteracées (et aromates parce que c’était plus simple)
orange : ombellifères rose : crucifères (dominant pour le mesclun)

(pour les 4 années à venir. Je n’ai pas poursuivi mon glissement plus avant, mais il faut faire glisser les planches chaque année jusqu’à la 9ème suivante vers le bas (9 à cause du nombre de solanacées en été)

Configuration :

  • 6 serres / 22 planches de 36 à 40m
  • région France / Pays de la Loire / Sarthe
  • climat océanique dégradé
  • sol sableux réchauffant vite / sol très pauvre à petits rendements
  • commercialisation essentiellement en AMAP nécéssitant de pouvoir faire 100 paniers par semaine ; et 3*30 identiques
Jan 202016
 

Voici tous les légumes qu’on peut trouver à la ferme du hanneton tout au long de l’année.

Des légumes de saison, ultra frais, bio, bons et de qualité.

SaisonLegumes(disponible en 3 pages ici

 

Mar 282015
 

J’ai modifié le libellé de l’agenda en ligne (barre de droite), public et dont vous pouvez recevoir normalement les notifications par mail si vous le paramétrez correctement (sinon faut venir visiter le site régulièrement pour voir où on en est, éhéhéh)

Du coup, j’ai pu l’imprimer sous format mensuel pour qu’il soit lisible (ça, ça va nous servir) et pour qu’il soit téléchargeable en pdf pour qui veut :CalendrierSemisPlantationNordFrance

exemple pour février – cliquer sur l’image pour avoir le calendrier annuel (mise à jour 2016)

ATTENTION  ! Il s’agit d’un calendrier éprouvé en certaines conditions, qu’il convient de prendre en compte et d’adapter à son sol, son climat, son type de culture (serre ou non, chauffée ou non) :

  • exploitation 2ha, dont 1300m² de serre, qui produit pour fournir une centaine de panier par semaine ( précisions pour expliquer le nombre de série par exemple),
  • climat : océanique dégradé
  • nature du sol : sableux donc pas très poussant ce qui m’oblige à semer ou planter en avance, ce qui est possible car ce type de sol chauffe vite (ça peut décaler les semis/plantations de 2 à 4 semaines pour un sol plus froid mais qui sera plus poussant)
  • tunnels plastiques froids pour les cultures mises en place en d’automne/hiver et pour les plantes dites de chaleur (melon, tomates, etc…)
  • mini tunnel plastique de semis avec bac chauffant pour les semis indirects (ne vous amusez pas pour votre jardin à faire du semis de tomates en février, surtout si vous habitez la Sarthe, ça ne servirait à rien),
  • pour certains légumes, plusieurs séries, ce qui permet d’étaler la récolte.

Infos complémentaires dans cet article et cet article.

Jan 182013
 

Quelques éléments de techniques culturales qui ne remplaceront jamais l’expérience et l’apprentissage. Bon, faut pas se leurrer, ça ne suffit pas hein, même si les conditions météo sont optimum et que vous ne rencontrez aucun problème. Mais ça sert de base de réflexion.

Semis, organisation :

À savoir : dans les catalogues de semenciers, il y a toujours des conseils de culture et des indications sur les caractéristiques des semences.

Voir aussi les conseils de semis/plantations dans l’article “organisation – technique“.

 

Itinéraires de cultures : 

Il existe d’autres documents en ligne. Ceux là sont les plus complets que j’ai trouvé et dont je me suis servie. Mais je n’aurais pas fait grand chose sans Michel qui m’a énormément appris, les voisins du Grillon qui ne sont pas avares de conseils, et sans Fred qui a beaucoup lu.

 

Maladies, ravageurs :

  • Quelques sites pour reconnaître les ravageurs : Koppert (photo), INRA (par ravageur ou par plante, il faut cliquer sur le nom de l’insecte pour avoir sa photo), jardin à manger (photo),
  • d’autres sites pour les maladies : unilet (pour les pois haricots épinards et carotte, avec des fiches très détaillées pour chaque culture et des photos), INRA (cliquez sur les liens pour accéder aux photos, quand il y en a),
  • nouveaux outils INRA Ephytia : avec appli smartphone pour la détection des ravageurs et la connaissance des auxiliaires

 

Voir aussi dans ce site les articles publiés sous le tag “technique“.

Jan 172013
 

(mise à jour février 2015)

Pour les cultures : 

À savoir : dans les catalogues de semenciers, il y a toujours des conseils de culture et des indications sur les caractéristiques des semences.

Attention à la zone géographique et climatique où vous vous situez, ça peut changer énormément les dates de semis/plantation.

 

Pour la vente directe : 

 

Pour la vente en AMAP en particulier : 

Il faudra adapter les calendriers vus au premier paragraphe en fonction de votre système de vente si vous avez des AMAPs.  Il faut en effet pouvoir fournir un grand nombre de clients avec des paniers conséquents, diversifiés et de même contenu. Ce qui nécessite d’avoir chaque semaine une quantité importante de chaque légume, là où la vente directe sur un marché peut se contenter de ce qu’il y a dans les champs cette semaine-là.

Pour la même raison, il y a de fortes chances, au moins les premières années jusqu’à connaître son sol, son exploitation et savoir bien se caler, pour qu’il y ai plusieurs semaines d’arrêt des paniers dans vos AMAPs en fin d’hiver (plus de stock) et début de printemps (pas encore ou pas encore assez de légumes primeurs). Par exemple dans nos AMAPs, le contrat prévoit un arrêt de 6 semaines, +/- 2 semaines et le prix mensuel du panier tient compte de cet arrêt (prix lissé sur l’année). Sur notre ferme l’idéal serait un arrêt de fin mars à mi-mai (l’idéal hein, l’année où ça arrivera je vais exploser de joie, et je serais bien bien fière de moi, je vous préviens ;-)).

Ceci étant dit, voici les documents :

guide paniers de la FNAB,

un second guide sur les paniers, complémentaire du premier,

et un autre tableur pour calculer la quantité à produire selon le nombre de panier et la fréquence de retour de chaque légume.

 

Et voilà, bon courage !

Quant à moi, j’en ai fini pour un bon moment sur mon partage de documentation !

Jan 042013
 

Comme je suis vraiment trop sympa et que je sais que ça peut vraiment servir, j’ai partagé mon agenda en ligne de semis et plantation (et travail du sol).

Il est accessible ici.

ATTENTION !

Il s’agit d’un calendrier éprouvé en certaines conditions, qu’il convient de prendre en compte et d’adapter à son sol, son climat, son type de culture (serre ou non, chauffée ou non) :

  • climat : océanique dégradé
  • nature du sol : sableux donc pas très poussant ce qui m’oblige à semer ou planter en avance, ce qui est possible car ce type de sol chauffe vite (ça peut décaler les semis/plantations de 2 à 4 semaines pour un sol plus froid mais qui sera plus poussant)
  • tunnels plastiques froids pour les cultures mises en place en d’automne/hiver et pour les plantes dites de chaleur (melon, tomates, etc…)
  • mini tunnel plastique de semis avec bac chauffant pour les semis indirects (ne vous amusez pas pour votre jardin à faire du semis de tomates en février, surtout si vous habitez la Sarthe, ça ne servirait à rien)
  • pour certains légumes, plusieurs séries, ce qui permet d’étaler la récolte.

ATTENTION ! Je fournis presqu’exclusivement des AMAPs. Il me faut donc pouvoir faire une centaine de paniers complets et diversifiés à chaque distribution. Cette contraire a pour conséquence qu’il y a une période d’arrêt des récoltes car il n’y aurait pas assez en diversité et en quantité pour ces 100 paniers. Il y a donc également une répartition de la production entre novembre et mars qui peut être légèrement différent de quelqu’un produisant strictement toute l’année. L’agenda tient compte de cette particularité.

Je vous joins deux calendriers annuels des semis/plantations/récoltes qui permettent de visualiser la situation (ils peuvent être légèrement différents du mien mais je m’en suis inspirée au début, puis j’ai adapté par la suite -l’expérience, vous savez ?-) :

CalendrierSemis

source : semence mag

CalendrierSemis-Agrosemens

source : agrosemens

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