Fév 192015
 

Une BD en ligne à lire (et/ou) télécharger sur le site de la confédération paysanne.

“Un jour, dans une soirée, une copine m’a présenté un paysan” C’est ainsi que le personnage principal de cette BD, une citadine sensible aux enjeux environnementaux, rencontre un paysan de la Confédération paysanne, Michel. Elle est déçue car il n’a pas de moustache… 
Lagriculture paysanne expliquee aux urbains

Cette BD développée sur un ton humoristique présente de façon simple et pédagogique l’agriculture paysanne et ses 6 thèmes : autonomie, répartition, travail avec la nature, développement local, qualité des produits et transmissibilité des fermes. La BD retrace l’expérience des parents de Michel qui à travers la rencontre de nombreux paysans de la Conf’ essaient de reprendre la main sur leur mode de production et sur le sens de leur métier. À diffuser largement !”

Fév 052015
 

Étape suivante.

“Le déclin des abeilles ne relève pas de la science-fiction, c’est une réalité. Les remplacer par des robots? Ce n’est pas notre vision pour l’avenir de l’agriculture… Il est urgent d’agir et de faire face au vrai problème : les pesticides sont hors de contrôle.” (in greenpeace switzerland)

Fév 052015
 

“Depuis plusieurs années, on constate dans le monde une augmentation inquiétante de la mortalité des abeilles. Il est temps pour Greenbees de passer à l’action pour que cela change !”

Greenbees passe à l’action from Greenpeace Suisse on Vimeo.

Sep 302014
 

Les escargots sont très voraces cette année, enfin, surtout trop nombreux, et nous ont déjà créé pas mal de dégâts en compagnie de leurs amies les limaces (plus de 800 salades dévorées avant plantation, soit près de 2 mois de salades en moins).

Malgré tout, quand on les voit dans une telle situation, on trouve ça assez mignon

IMG_5618

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(oui, bon trop chou, on avait l’air un peu idiote à mignarder en faisant les photos, c’est vrai)

Juil 152014
 

Aubergineaubergine

ConcombreCourtconcombres courts

Poivronpoivron bientôt mûr

Serre3-ConcombreLongconcombres longs : le blanchiment de la serre n’est pas suffisant pour protéger les fleurs et les jeunes fruits du soleil, et donc ils coulent (en gros les fleurs fânent avant de passer au stade fruit et les concombres déssèchent) : j’ai donc rajouté un voile pour leur faire de l’ombre

Serre1-tomatestomates série 1

Serre4-Tomatestomates deuxième série

Bettes-2superbe et délicieuse bette

ChouB-1choux cabus blancs

ChouxFleur-2plein d’herbes sous le filet des choux-fleurs : on attend que le sol ressuie (sèche) pour pouvoir enfin désherber. Dans la semaine ça devrait avoir un meilleur aspect, déjà 😉

HaricotsNains-1haricots nains (l’enfer du maraîcher)

CarotteHiv-3carottes d’hiver qui viennent d’être désherbées

CarotteHiv-4carottes d’hiver : même date de semis mais pas encore désherbé. On a eu un problème d’irrigation ce qui explique ce semis très clairsemé. Mais comme je fais toujours 2 fois trop de carottes, ça ne devrait pas poser de problème de quantité à la récolte

CarotteHiv-2carottes d’hiver deuxième série, semée début juillet. 

CarotteHiv-Ziggycarotte d’hiver semées début juillet (deuxième série) et la trace de sabot de Ziggy, qui a pris 10 bonnes minutes de liberté cet après midi…

Celeri-2céleri

Courgescourges : très très belle plantation cette année

Melonle melon sarthois

Oignons-2oignons

PdTpommes de terre de conserves (50% de la plantation perdue pour cause de champ inondé)

PoireauxBR2Ruta

D’autres photos dans l’album.

Mai 182014
 

On m’a souvent posé les questions “est-ce que tu réutilises les graines après récolte”, “qu’est ce que ça veut dire F1/hybride”, “il parait que les hybrides sont stériles”, etc.. auxquelles je me suis promis un jour de répondre.

Ce jour faste est enfin arrivé.

Préambule

  • Cet article aborde des bases de génétique et de probabilités. J’ai essayé de simplifier le propos pour que ce ne soit pas rédhibitoire à la lecture et le plus compréhensible possible. Il y a donc, d’un point de vu strictement scientifique, du vocabulaire manquant et sûrement des imperfections. Les puristes voudront bien m’excuser, j’ai dû moi-même me faire violence. Si toutefois il y a des erreurs, merci de m’en faire part (je compte sur vous entre autres, Mousty chat savant, cousin Sylvain et les profs de SVT qui suivent) et je corrigerai,
  • C’est une oeuvre de fiction : bien entendu, les tomates au goût de poisson d’existent pas (pour la simple raison que personne n’en achèterai). J’utilise cette astuce pour que visuellement, les dessins apportent un max de compréhension,
  • Je rappelle qu’en gros, on n’a pas le droit, en tant que maraîcher, et pour certaines aussi en tant que jardinier, de reproduire ses semences. Voir les articles correspondants pour plus de précisions.

 

 

Techniquement, pour avoir les plantes adaptées à son sol, à son climat, à ses objectifs de production, de vente etc… on peut selectionner les plantes qui ont les caractéristiques voulues et leur semence génération après génération. C’est ainsi qu’on est par exemple passé d’une carotte blanche et fibreuse, pas très bonne à la carotte délicieuse qu’on connait maintenant.

On peut aussi, et c’est beaucoup plus rapide, acheter des semences hybrides (hybride = croisement entre deux variétés distinctes d’une même espèce) qui ont déjà toutes les caractéristiques que l’on cherche (hors l’adapation au sol), puisqu’on choisi précisément dans tout le catalogue LA tomate (ou le concombre, la salade, la carotte…) qui cumule tout ce qu’on veut.

On utilise plus facilement les hybride F1 (F1 = génération 1) parce qu’elles sont obtenues très rapidement avec un très grand choix de toutes les caractéristiques possibles, et je dirais même imaginables si on combine avec de la technique OGM (c’est un autre sujet, je ne l’aborderai pas). De plus comme indiqué plus haut, on n’a plus trop le droit de faire de la selection quand on n’est pas semencier, puisqu’on ne peut pas réutiliser ses semences. (enfin, on devrait d’ailleurs écrire “ces” plutôt que “ses”).

 

Un peu de base de génétique

Chaque individu vivant est composé de cellules, comportant un noyau, renfermant l’information génétique (propre à chaque individu), sous forme de chromosomes. Sur les chromosomes sont inscrit les gènes qui codent l’information de la moindre de nos caractéristiques (couleur des yeux, forme des yeux, longueur des bras, certaines maladies,  etc.. etc..). L’ensemble de ce code est appelé génotype. toutes les cellules d’un même individu renferment la même information génétique.

Les chromosomes sont toujours doublés (on dit qu’on a 2n chromosomes : 2*23 chez l’homme et 2*12 chez la tomate par exemple). Par contre les gènes contenus sur chaque paire de chromosome ne sont pas forcément identiques (attention, c’est là que ça se complique un peu). Un gène code pour une caractéristique précise comme la couleur des yeux, mais il peut coder “yeux bleus” sur le premier chromosome de la paire et “yeux marrons” sur le second. Cela ne veut pas dire pour autant que vous aurez un oeil bleu et un oeil marron : imaginez, c’est ainsi pour chacune de la plus infime de vos caractéristiques et la moitié vient de votre père, l’autre de votre mère. Personne n’est coupé en deux dans le sens de la hauteur avec une moitié “père” et une moitié “mère”. Non, en fait certaines caractéristiques sont dominantes et en cas de “conflit” c’est celle qui s’exprime. Les gènes dominant sont donc appelés “dominants” et ceux qui sont dominés sont appelés “récessifs”. Par exemple, pour les yeux, la couleur marron est dominante sur la couleur bleu. Pour avoir les yeux bleus il faut donc avoir 1 gène “bleu” sur chaque chromosome de la paire. Si il y a un gène bleu et un gène marron, vos yeux seront … ? (réponse )

Il y a des subtilités sur ces histoires de dominance, mais en gros vous avez compris le principe, ça suffit pour expliquer le coup des semences F1 et de leur descendance.

L’ensemble des caractéristiques finalement exprimées du génotype constitue le phénotype (les yeux bleus, les cheveux blonds, le groupe sanguin et des centaines d’autres trucs). Pour ce qui est de la tomate, on va s’intéresser à ses caractéristiques organoleptiques (goût forme odeur couleur) vu que c’est ce qui nous intéresse en tant que mangeur de tomates.

 

Comment obtient-on une semence hybride F1 ?  : 

On veut obtenir une tomate ronde et rouge, avec un goût délicieux, mais ce goût on ne l’a que dans une tomate de forme allongée.

On va donc jouer avec les lois de la génétique et les connaissances qu’on en a (et celles que vous venez pour certains d’acquérir), à partir de deux parents, une tomate jaune (J) ronde (R) et au goût de poisson (P) et une tomate allongée (A) rouge (Ro) de ce goût délicieux (D) si particulier.

On part des hypothèses suivantes : (fictives, je ne connais rien en vérité des loi de dominance chez la tomate, mais on va faire semblant) :

  • la forme ronde est dominante sur la forme allongée (R>A),
  • le goût délicieux est dominant sur le goût de poisson (D>P),
  • la couleur rouge est dominante sur la couleur jaune (Ro>J).

Un schéma va vous permettre de comprendre (je l’espère) :

GraphF1

On obtient donc en 1 génération TOUTES les caractéristiques désirées : rouge, ronde et bonne. Au lieu que cela prenne plusieurs générations quand on procède par sélection.

 

Que se passe-t-il si on resème une graine issue d’une tomate F1 ?

On va chercher à comprendre se qu’il se passe d’un point de vu génétique quand on part de deux parents F1 créés précedemment, qui ont donc comme caractéristiques organoleptiques d’être bien ronde rouge et délicieuses, mais qui contiennent quand même dans leur génotype des informations indiquant jaune, allongée et goût de poisson.

Quand on resème une graine de cette tomate, on obtient des fleurs, contenant les informations de ce qui correspond à la mère sur le pistil et de ce qui correspond au père sur l’étamine. Sur les plantes c’est donc deux fois la même chose puisqu’on part d’une même graine : il y a possibilité de recombinaison entre familles quand la pollinisation se fait par un tiers (une abeille par exemple qui va aller d’une tomate X à notre tomate F1) mais la tomate est autoféconde et de simples vibrations (manuelle ou le vent) permettent de faire tomber le pollen de l’étamine vers son propre pistil. On part donc de l’hypthèse que c’est ce qui s’est produit. (et d’ailleurs pour s’assurer la bonne pollinisation de nos tomates, concrètement c’est ce qu’on fait 2 à 3 fois par semaine, donc c’est la théorie la plus vraisemblable).

Malgré cette autofécondation, il existe une grande quantité de combinaisons possibles de tous ces gènes (ça aurait été un nombre sacrément réduit si je n’avais choisi qu’une caractéristique, mais  beaucoup moins drôle).

Voyons toutes les possibilités de recombinaisons : (cliquer pour agrandir le dessin)

F2-combinaisons.xls

 

Pour résumer, d’un point de vue organoleptique, voici toutes les combinaisons possibles avec leur probabilité :

Phenotypenote

Dans notre cas précis, la tomate la plus fréquente est donc la tomate ronde rouge et délicieuse. C’est bien celle qui nous intéresse, mais avec 27 fois sur 64, ça ne fait même pas 1 chance sur 2 de l’obtenir en resemant une des graines de la F1. C’est donc très loin d’être une probabilité suffisante pour tenter le coup quand on doit produire des tomates en quantité et en qualité suffisantes pour bien les vendre.

Si on fait l’expérience et qu’on obtient par hasard en F2 la tomate voulue, on peut renouveler l’expérience de créer une F3. Il y aura à nouveau plusieurs possibilités : soit exactement les mêmes si la tomate F2 était celle qui avait le génotype identique aux F1 soit d’autres possibilités avec des probabilités différentes si elle avait le même phénotype mais pas le même génotype. Quand on a le droit et le temps de  faire de la sélection, on peut ainsi, génération après génération, obtenir une tomate dont la génotype sera exclusivement R/R + D/D + Ro/Ro dont toute la descendance le sera également puisqu’on aura réussi à passer outre le phénomène de récessivité. On dit qu’on a alors obtenu une tomate stabilisée.

 

En conclusion :

Les hybrides (F1) ne sont pas stériles, mais non-reproductibles : ça veut dire qu’on ne peut pas reproduire la semence à l’identique (sauf hasard naturel, le calcul de la probabilité est cependant possible comme on vient de le voir, si on connait les règles de dominance). Le problème d’utilisation de leur semence est donc qu’on ne sait pas ce qu’on va obtenir.

 

Un document d’ARTE sur le même sujet et en dessin ici.

Mar 132014
 

À VOIR VENDREDI 14 MARS 2014 SUR ARTE à 22h35 (52 min) pour compléter la doc que je mets sur le site à ce sujet

“L’agriculture mondiale dépend essentiellement aujourd’hui de cinq multinationales de l’agrochimie, qui s’enrichissent en obligeant les paysans à utiliser les semences qu’elles ont sélectionnées. Ce documentaire raconte le combat de petits exploitants, chercheurs et citoyens européens qui se mobilisent contre ce monopole et luttent pour préserver la biodiversité. “

“L’agriculture mondiale dépend essentiellement aujourd’hui de cinq multinationales de l’agrochimie, qui s’enrichissent en obligeant les paysans à utiliser les semences qu’elles ont sélectionnées. Résultat : des fruits et légumes de plus en plus normalisé. Aujourd’hui, producteurs, éleveurs, chercheurs et citoyens à s’insurgent : il faut redonner aux paysans le droit et la possibilité de sélectionner, de multiplier et d’échanger leurs semences agricoles. Les variétés de fruits et légumes anciennes et nouvelles pourraient ainsi rejoindre nos assiettes et assurer par la même occasion la biodiversité de l’environnement en luttant contre l’appauvrissement et la pollution des sols. Si le 6 mai 2013, une proposition de loi allant dans ce sens a été soumise à la Commission européenne, les lobbyistes des puissants semenciers ne cessent de manœuvrer pour ne pas perdre leur monopole. Inquiètes, petites et moyennes entreprises et exploitations bio se mobilisent plus que jamais…”

Jan 012014
 
Déc 162013
 

Après le Pote à Jé et le toilettes sèches power, les bruxellois de Pang nous parlent du lombricompost

Oct 092013
 

J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises sans rentrer à fond dans le sujet (ce que je ne vais pas faire non plus aujourd’hui d’ailleurs) de l’impossibilité légale de reproduire sa propre semence quand on est producteurs, à moins de payer des royalties pour certains cas, et une amende si on se fait choper.

Suite à la thèse de Shabnam Anvar sur le sujet, un projet auquel il participe propose d’informer de façon ludique sur cette réglementation et de proposer des solutions. La solution principale consistant à préférer l’achat de semences versées dans le domaine public pour infléchir les semenciers.

Aparté, ceci risque de finir par poser un problème vu la restriction d’année en année du nombre de semences inscrites au catalogue c’est à dire “légales” (et oui…). Donc la disparition programmée légalement des semences adaptées selectionnées siècle après siècle pour chaque terroir, voir chaque ferme (et je suis bien placée pour confirmer que ce n’est pas de la rigolade, cette histoire de selection et que même d’une génération l’autre on en observe les bénéfices).

En effet :

Le catalogue officiel des espèces et variétés pour la mise sur le marché

  1. Critères DHS / VAT

Pour échanger ou commercialiser des semences et plants déstinées à une exploitation commerciale, il faut que les variétés soient inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés. Pour cette inscription, la variété doit actuellement subir une série de tests afin de :

  • vérifier son adéquation aux normes de Distinction, d’Homogénéité et de Stabilité (tests DHS) ;
  • évaluer l’amélioration par rapport aux variétés existantes (test VAT : Valeur Agronomique et Technologique), lorsqu’il s’agit de plantes de grandes cultures.

Cependant, pour les variétés paysannes et de terroir, l’expression des plantes en fonction du milieu et l’évolution des lignées et populations sur les fermes rendent quasi impossible la description suivant ces critères officiels DHS et VAT, ces variétés étant souvent peu homogènes et peu stables pour préserver leurs possibilités d’adaptation et d’évolution. Leur inscription devient alors impossible, ce qui leur empêche d’acceder au marché pour être commercialisées puis cultivées, seul moyen de ne pas disparaître.

  1. Coût d’inscription

D’autre part, le coût de l’inscription (pour une variété de céréales : plus de 6.000 € auxquels il faut ajouter le maintien au catalogue : plus de 2.000 € pour les 10 premières années) empêche l’inscription des variétés issues de sélections paysannes : celles-ci sont trop nombreuses et concernent des volumes limités. Dans le cas des potagères un catalogue annexe de «Variétés anciennes pour jardiniers amateurs » a aussi été créé et dont les  frais d’inscription sont un peu moins importants.

Lire la suite“.

 

Pour les particuliers, ce n’est pas copyfree mais c’est un peu mieux quand même :

Particulier-semences-droit

Pour les paysans, ben, l’achat des semences est super coûeux (3000€ / an pour une exploitation de 2 ha très diversifiée comme la mienne, soit entre 6 et 10% de mon chiffre d’affaires annuel -bah ouais, les mauvaises années faut quand même que j’achète la même quantité de semence- soit plus 2 mois de paie charges comprises d’Aline, et infiniment plus que ce que je peux me rémunérer -rien-). Et il n’y a pas tellement d’alternatives :

site de la vidéo : le droit de semer

Évidemment cette situation de quasi monopole des semenciers profite au prix élevé des semences et à l’absence de libre arbitre des paysans concernant le choix de ce qu’ils peuvent faire pousser. Choix encore plus restreint d’ailleurs en agriculture bio.

À suivre j’espère grâce à ce site des infos et de la vulgaristion qui permettront de mieux comprendre les enjeux et de trouver quelques solutions.

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