Mai 192016
 

Les épinards, ça n’a jamais très bien fonctionné sur notre sol hyper pauvre (c’est très éxigeant, comme la plupart des feuilles mais encore plus). On a même arrêté d’en faire quelques années, et puis à force de “remonter” notre sol, on a retenté cette année. C’était mal parti (mauvais semis), puis finalement ça se présentait bien, avec même de très bonnes récoltes depuis 10 jours, j’en étais bien la première étonnée, et Aline en était presque à aimer s’occuper des épinards (alors qu’on a vraiment une expérience POURRIE avec eux, et qu’il y a de quoi aller à reculons dans le champ).

Bref, hier encore, après une récolte anthologique mardi, je les trouvais super beaux et me réjouissais de la récolte d’aujourd’hui qui allait être facile et abondante.

Las ! Voilà à quoi ressemblait les 250 m2 d’épinards ce matin au moment de la récolte :

Epinards

On voit nettement sur cette photo des crocs de rongeurs (ou de chat, va savoir, elles sont tellement affamées, les pauuuuuuvres) mais ça ce n’est pas vraiment un problème, il n’y a que quelques feuilles touchées. Non le problème c’est bien toutes ces tâches blanches.

Ce matin, dans l’urgence du boulot à faire, j’ai cru que c’était l’oidium (ça poourrait vu les conditions météo dernièrement) ; mais à la réflexion ce n’est pas ça. On s’est creusé la tête avec Fred et on a pensé à plusieurs hypothèses (et aucune solution) :

  • un grignotage de la surface des feuilles en dessus et dessous par une limace ? → NON Aucune limace à l’horizon
  • la même chose par un acarien ? → il y a bien des acariens sous les feuilles mais comment expliquer que tous se soient mis à grignoter en l’espace de 24 heures les 250 m2 d’épinards ? Impossible à croire
  • ça ressemble à des traces mécaniques (les crocs en font partie) qui auraient pu être également produites par la pluie très forte d’hier → comment expliqué que les épinards du mesclun n’en porte aucune ? Et même si le phénomène météo avait été hyper localisé, il ne peut l’être au point que les salades à moins de 10m soient tout à fait indemnes (et heureusement) ni les patates et tomates du jardin de Milo qui jouxtent les épinards.

Pas de réponse finalement (ou pas encore du moins) mais on a bien et bien fini la récolte des épinards. Pouf comme ça du jour au lendemain.

La vie de maraîchère ça peut vite faire passer de l’euphorie à la déception la plus totale !

Mai 062013
 

Bon, ben, y’a pas que les choux de Chine qui ont raté, les concombres semblent bien partis pour nous lâcher incessamment sous peu.

Mercredi, sans savoir que l’autre a fait pareil, Aline et moi passons faire chacune notre tour dans la serre de concombre pour jeter un oeil de contrôle. On repère toutes les deux le même plant qui est tombé… et on se dit toutes les deux qu’on a dû le brutaliser en plantant ou qu’un chat s’est couché dessus (ouais, ils nous font quelques blagues de temps en temps).

Le lendemain, on passe devant ensemble et là, l’horreur :

IMG_2563

C’est pas 1 concombre tombé, mais 1/3 de la planche des concombre “long” variété Aramon. Le truc qui vous fait dire que le lendemain, y’aura plus un seul concombre debout :(.

Et on voit bien que ceux qui restent encore dressés n’ont pas l’air vaillants vaillants.

En enlevant les concombres malades, on se rend compte que le problème réside à la racine :

IMG_2569

IMG_2567système racinaire qui a disparu, collet resserré et en train de devenir fibreux : la sève ne peut plus passer (enfin, pour ça il faudrait d’abord avoir des racines).

Ces symptômes sont ceux d’un parasite racinaire entraînant donc une nécrose et en l’occurrence sur nos jeunes plants, une fonte des semis.

Il existe à nos latitudes 2 champignons qui pourraient être responsables de ce genre de dégâts sur les concombres : des oomycètes et en particulier le pythium ; ou un champignon d’une famille différente, le fusarium. Difficile de savoir exactement lequel des deux est le responsable chez nous. Il existe beaucoup d’autres maladies pour le concombre, mais l’un de ces deux là semble le plus probable. Pour les autres maladies non cryptogamiques, la plupart des semences F1 actuelles sont créées pour être résistantes.

La raison du développement de la maladie est probablement une rotation trop courte depuis la dernière culture de concombre dans cette serre (2 ans sans concombre, alors qu’il aurait fallu au mieux 3 ans). Cela peut également venir de la semence elle-même si elle a été produite par des plants malades (la première hypothèse me parait tout de même plus plausible). Les voisins du Grillon m’avaient d’ailleurs prévenu qu’après quelques années, on risquait de voir se développer des maladies racinaires sur les concombres même en faisant au mieux les rotations ; et devoir passer à des plants greffés (voir plus loin).

Sur des plants bien développés et en cours de production, le problème n’est pas forcément létal mais diminue la production ; et les fruits peuvent également présenter des symptômes et être impropres à la vente. Bon, là, sur de jeunes plants, chacun comprend que c’est irrécupérable.

Une solution réside dans la greffe du plant de concombre sur des plants de courgette. Je vais essayer cette solution et refaire une série de concombre si il me reste assez de semence de courgette pour ça (comme je m’en suis fait bouffé par la souris, rien de moins sûr qu’il reste de la semence dont je n’aurais pas besoin cette année pour faire des courgettes). Mais même si cette solution fonctionne, on aura un retard sur la production de concombre longs (les courts semblent en bonne forme pour le moment, sauf que la souris m’en a bouffé 1 gros tiers, donc avec cette seule variété, c’est un peu juste en quantité pour faire la saison).

Enfin, si cette solution s’avère concluante, il nous faudra à l’avenir soit acheter du plant greffé (beaucoup plus cher, et on maîtrise encore moins les dates puisqu’on ne gère pas le semis ; et pour ici où il faut pouvoir faire dans le précoce à cause de la mauvaise qualité des sols, ça c’est un vrai problème) ; soit faire soit-même les greffes, donc acheter de la semence de courgette en plus spécialement pour le concombre, faire un double semis (concombre + courgette : plus de temps et besoin de plus de place qu’on a pas) et passer du temps à greffer (…) : un concombre beaucoup plus cher à produire quoi. La graine de concombre long, c’est quand même déjà 1€ LA graine.

L’idéal serait que la terre entière et surtout les AMAPiens de la Sarthe, admettent enfin qu’il n’y a rien de meilleur que les concombres courts ! 😀 Ils sont moins chers, plus faciles à produire et bien moins sensibles à tout un tas de truc. Et carrément meilleur, si, si (pour tout dire, ils ont du goût, eux, en fait).

Je vous tiens au courant de ce que donne la solution de secours.

Jan 182013
 

Quelques éléments de techniques culturales qui ne remplaceront jamais l’expérience et l’apprentissage. Bon, faut pas se leurrer, ça ne suffit pas hein, même si les conditions météo sont optimum et que vous ne rencontrez aucun problème. Mais ça sert de base de réflexion.

Semis, organisation :

À savoir : dans les catalogues de semenciers, il y a toujours des conseils de culture et des indications sur les caractéristiques des semences.

Voir aussi les conseils de semis/plantations dans l’article “organisation – technique“.

 

Itinéraires de cultures : 

Il existe d’autres documents en ligne. Ceux là sont les plus complets que j’ai trouvé et dont je me suis servie. Mais je n’aurais pas fait grand chose sans Michel qui m’a énormément appris, les voisins du Grillon qui ne sont pas avares de conseils, et sans Fred qui a beaucoup lu.

 

Maladies, ravageurs :

  • Quelques sites pour reconnaître les ravageurs : Koppert (photo), INRA (par ravageur ou par plante, il faut cliquer sur le nom de l’insecte pour avoir sa photo), jardin à manger (photo),
  • d’autres sites pour les maladies : unilet (pour les pois haricots épinards et carotte, avec des fiches très détaillées pour chaque culture et des photos), INRA (cliquez sur les liens pour accéder aux photos, quand il y en a),
  • nouveaux outils INRA Ephytia : avec appli smartphone pour la détection des ravageurs et la connaissance des auxiliaires

 

Voir aussi dans ce site les articles publiés sous le tag “technique“.

Août 242010
 

Depuis presque le début de la récolte, soit quand même plus d’un mois, (ce qui prouve que c’est difficile de rester à jour sur ce site), on observe une dégénérescence très rapide de certains pieds d’aubergine :

  • Jaunissement et flétrissement des feuilles :

  • Qui dessèchent et se recroquevillent :

  • Le phénomène a été immédiat dès que la fructification à commencé. On l’observe surtout sur la variété “barbentane”, une variété ancienne, d’aubergine de forme longue. Toujours est-il que les fruits sont parfaitement ridicules, comme stoppés dans leur croissance et que les plantes donnent des aubergines de 3 à 10 cm de long et d’1 cm de diamètre (et moches en plus) :

Après mûre observation, il y a donc plus d’un mois, j’ai appelé à la rescousse notre technicien régional en maraîchage bio qui est une véritable mine d’or (et représente à lui seul un des intérêts de s’installer en région Pays de la Loire). Il a diagnostiqué du verticillium, un champignon du sol qui attaque la plante par la racine et empêche la bonne circulation de la sève. La variété ancienne barbentane étant moins vigoureuse que d’autres est plus sensible à l’attaque et flétrit.

Ce problème est assez fréquent sur les aubergines en maraîchage bio et est à mettre au crédit de rotation trop rapide : en gros, les rotations, c’est éviter de mettre plusieurs années de suite des légumes de la même famille sur le même sol (par exemple des aubergines derrière de tomates, des concombres derrière des courgettes, des petits pois derrière des haricots…) afin d’une part que les maladies spécifiques de la famille ne se reconduisent d’une année sur l’autre, d’autre part pour ne pas épuiser le sol. C’est difficile à faire avec les solanacées (famille des tomates, poivrons aubergines et pommes de terre) car, ils se conduisent sous serre en général et occupent beaucoup de place dans la saison, alors qu’en général on a pas énormément de serre. Pas assez en tous cas pour avoir une rotation suffisante qui devrait être de 4 ans minimum (les rotations les plus rapides sont de 3 ans, sur d’autres légumes).

Chez nous, on savait qu’on risquait des problèmes en installant les aubergines dans cette serre, dans laquelle il était manifeste que la dernière culture était des tomates. Mais pour diverses raisons, c’était difficile de faire autrement cette année et on a donc mal fait, sciemment. Finalement d’ailleurs, on s’en sort plutôt bien.

Pour résoudre cela, il faudrait éradiquer le champignon ou contourner le problème  donc soit :

  • en évitant pendant 3 ans de mettre des solanacées : sans proie, le champignon disparaîtrait,
  • en effectuant une solarisation du sol : technique qui permet de surchauffer le sol (permet également de désherber), mais nécessite que la serre soit vide en été : quasiment impossible à mon sens,
  • soit en utilisant des plants greffés, plus vigoureux donc résistant (mais là, le champignon est toujours dans le sol).

Heureusement, il me reste l’autre variété, bien plus vigoureuse. Et puis, les barbentanes ne concernent qu’à peine un quart de ma production d’aubergine (c’est d’ailleurs une variété qui ne me plaît pas trop à tel point que je me demande encore pourquoi j’en ai acheté alors que je savais très bien ce que c’était).

Voyez quand même le résultat :

(à gauche barbentane malade, à droite black pearl résistante)

%d blogueurs aiment cette page :