Avr 122010
 

En débutant ce site, j’avais expliqué que nous comptions vendre notre production via une ou plusieurs AMAP.

D’abord qu’est ce que ça peut bien signifier, une AMAP ? Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Le concept, en deux – trois notions est qu’une association de consommateurs, plus engagés que la moyenne, qu’on appellera de ce fait, consom’acteurs, s’engage à acheter à juste prix, localement, la production d’un agriculteur pendant tout l’année, avec des formules hebdomadaires de paniers.

En général, il s’agit de paniers de légumes ou de fruits et légumes, auxquels viennent se rajouter parfois du fromage, de la viande, du pain, de la farine, des légumes secs… etc, etc… bref tout ce qu’on veut pourvu que ce soit produit localement et que les consom’acteurs soient réellement en lien avec le ou les producteurs.

Cette idée d’association pour acheter local et en direct, n’est pas si récente qu’on peut le croire ici, maintenant que c’est la mode. L’origine est japonaise dans les années soixante, puis l’idée a été exportée aux États Unis. En France, la première AMAP date de 2001.

Plus précisément, comment fonctionne une AMAP ?

Quand l’association de consom’acteurs et le ou les producteurs se sont trouvés et entendus, chaque consom’acteur souscrit un contrat de six mois ou un an, … (défini par l’ensemble des acteurs de l’AMAP), renouvelable, avec le producteur. Il peut y avoir plusieurs contrats si il y  a plusieurs type de productions distribuées au sein de l’AMAP (par exemple, légumes / oeufs / viande / miel). Ce contrat défini le type de panier (ce qu’il va y avoir dedans, le poids ou la quantité, le prix) sa fréquence, le jour et le lieux de sa distribution. Il défini également les engagements du producteur et du consom’acteurs. Ces engagements sont au minimum ceux définis par la chartre de AMAP :

Côté consommateur

  • L’engagement financier à travers l’achat à l’avance d’une partie de la récolte sur une période donnée : il achète en début du mois l’ensemble des paniers du mois, et ce sur toute la durée du contrat, même en cas d’absence.
  • L’engagement économique et moral à travers la solidarité avec l’agriculteur dans les aléas de la production (partage des risques et des bénéfices naturels) : si il y a un problème de production (par exemple, une tempête qui met à terre tout les semis de la saison, comme ça a failli nous arriver), l’agriculteur ne rembourse pas le consom’acteurs. Je vous rassure, en ce qui concerne le maraîchage, comme la production est très diversifiée, les risques sont très limités. Ce qui peut se produire, c’est qu’il n’y ai pas autant que prévu d’une variété, ou qu’on doive décaler la récolte d’une autre variété de quelques semaines.
  • L’engagement associatif par leur participation à la vie de la structure (gestion des souscriptions, organisation des distributions de paniers, communication, animation…) : l’association pour vivre a besoin d’organisation et de notamment de référents spécifiques : trésorier, référent communication, référent distribution, responsable communication. Les rôles ne doivent bien sûr pas toujours revenir aux mêmes :-).

Côté producteur

  • L’engagement technique et économique de fournir des produits de haute qualité (nutritionnelle, organoleptique, sanitaire, environnementale et sociale) selon les modalités définies avec le groupe de consommateurs : en l’occurence nous produisons et sommes certifiés AB.
  • L’engagement associatif de s’investir dans la vie du groupe (rôle pédagogique, animation, information…) : nous devrons organiser des visites à la ferme par exemple.
  • L’engagement d’assurer une transparence sur la vie de l’exploitation (situation économique, origine des produits fournis, méthodes de production utilisées) : expliquer comment sont fixés les prix des paniers, communiquer sur les problèmes rencontrés, …

Outre l’achat anticipé et toute l’année de son panier hebdomadaire, l’engagement du consom’acteur se situe aussi au niveau de la vie propre de l’exploitation. Chacun s’engage à participer aux travaux de la ferme (récoltes, entretien) ou de la mise en place des paniers (confection, distribution). Ces engagements sont fonction des AMAP et de ce que souhaitent l’assemblée et le producteur. En général, la distribution des paniers se fait sur le lieu même de la ferme. Elle peut se faire à l’extérieur pour des raisons logistiques ou de distance (par exemple, il est plus aisé, plus logique et plus écolo que le producteur se déplace si ses consom’acteurs sont situé à une trentaine de kilomètres).

Le producteur, de son côté, doit avoir une production variée, qui permette la confection de paniers variés d’une fois sur l’autre.

Quels sont les avantages et inconvénients d’une AMAP ?

En définitive en tant que consommateur, pourquoi adhérer à une AMAP ?

  • Pour se réapproprier l’acte de se nourrir : être informé de l’origine des produits, de la façon dont ils ont été cultivés, en quelle saison. Elle permet d’apprendre la vraie valeur des aliments et du travail de l’agriculteur.
  • Par solidarité avec le monde paysan, et l’agriculteur en particulier.
  • Pour sortir du rôle de simple consommateur : être adhérent signifie participer à la vie de l’association.
  • Pour consommer local : permet d’éviter les nuisances liées au transport (meilleur bilan carbone !).
  • Pour la santé : les aliments doivent être produits sans traitements chimiques, et peuvent être consommés plus frais, du fait de la proximité (ce qui préserve leur qualité nutritive).
  • Pour un prix juste et transparent : pas d’intermédiaire, peu d’emballage, peu de transports… Le prix des aliments correspond au travail effectué par l’agriculteur. En outre, il ne dépend pas de l’offre et de la demande.

… et pour l’agriculteur, quels intérêts ?

  • il peut pérenniser son emploi et vivre dignement de son travail, sans être dépendant de la grande distribution ni malmené par ses exigences exorbitantes;
  • l’AMAP peut aider à l’installation des jeunes agriculteurs, grâce à une clientèle connue d’avance, ce qui mutualise les investissements et les risques.
  • il peut créer et multiplier l’emploi. En effet, l’agriculture bio ou paysanne est créatrice d’emploi : un agriculteur pour 2 hectares (60 paniers), contre un pour 80 ha en agriculture conventionnelle.

Quelques lien utiles :

Et pour finir, un strip pour que chacun prenne bien la mesure de ce qui l’attend en adhérant à une AMAP ;-).

(clic pour voir en grand)

Avec mes remerciements à Cyril Pedrosa pour l’autorisation

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