Jan 112013
 

J’entame la mise en ligne des documents qui m’ont servis pour m’installer en maraîchage bio (mais qui peuvent d’ailleurs servir pour d’autres types d’installations), et d’autres qui me servent encore dans le travail.

Pour commencer des éléments économiques :

L’imposition des exploitations agricoles : sur le site de terres d’europe, il y a quelques années mais ce n’est plus en ligne donc voici :

Vous trouverez de nombreuses informations sur le site fja.be (site belge mais les notions économiques sont les mêmes). Il faut se balader dans le site pour trouver le maximum d’infos, la table des matières n’étant pas toujours développée entièrement.

 

Utile pour les différents dossiers à monter lors de l’installation (en formation ou pour le PDE), des références technico économiques:

 

Un topo sur les aides financières :

Nov 192011
 

Une amie me demandait l’autre jour comment ça se passait à la ferme, si on “s’en sortait”. Cela fait plusieurs fois qu’on me pose la question, et évidemment, c’est justifié. Je profite de lui avoir répondu par écrit pour faire un presque copier/coller qui m’arrange et qui permet de faire le point :

Alors il y a déjà beaucoup de points positifs :

  • on se débrouille plutôt bien techniquement, même si bien entendu il y a des améliorations à faire,
  • du coup, on peut remplir sans souci nos paniers d’AMAP en variété et sans problème de quantité (si quelqu’un de concerné n’est pas d’accord, il ne faut pas hésiter à en discuter),
  • les légumes sont beaux, sains et bons (on peut aussi carrément s’améliorer dans la taille pour certains légumes, c’est notamment un gros problème de sol qu’on a et qu’on essaie de régler),
  • je pense qu’on pourrait même augmenter nos ventes d’une dizaine de paniers mais je préfère être sûre avant de me lancer . Ce qui fait qu’on se situerait à +15% de ce qui est prévu comme nombre de panier sur une telle surface dans le peu de simulations qui existent (du moins, qui existaient quand j’ai fait mes propres études économiques, il y a peut-être plus de données maintenant. Ca, j’en suis très fière parce que j’estime que c’est uniquement grâce à ma super organisation et à ma capacité à tout envisager en bloc et dans les moindres détails et à court et moyen terme que c’est possible (un peu de fierté, ça permet aussi de mettre du coeur à l’ouvrage ;))
  • on habite à la campagne, dans un coin sympa,
  • on a ici trouvé un bon groupe de copains, alors qu’on était pas du tout de la région (je reste persuadée que le réseau “bio/écolo” y est pour beaucoup)
  • j’ai la meilleure salariée du monde. y’a rien à redire là dessus, c’est comme si c’était moi, voire en mieux. Non, je ne la prête même pas.
  • je salarie quelqu’un et ça c’est une belle réussite
  • Fred et moi pour le moment on passe nos journées ensemble et ça on kiffe
  • on a pas quasi de perte et on vend tout ce qu’on produit, grâce au système d”AMAP,
  • on a des animaux ! (enfin, “j’ai”, parce que je crois que Fred pourrait s’en passer même si il trouve ça sympa).
Bon, sinon y’a des points cruciaux négatifs et qui pour certains risquent de poser rapidement de GROS problèmes :
  • financièrement, le bilan est excessivement tendu : je peux payer ma salariée, les charges salariales, mes charges et celles de fred (il est conjoint collaborateur = corvéable à merci mais pas payé mais quand même protégé), les emprunts. Pour les dépenses mensuelles, c’est déjà une autre paire de manche et je peux les honorer tant qu’il n’y en a pas trop, sinon, on est obligé de renflouer la caisse entreprise avec de l’argent privé et là à force, ben, on en a plus, d’argent privé. Et finalement, pour les dépenses imprévues, c’est très, très  difficile et bien entendu, il est impossible de me payer. Ajouté à ça que j’ai pour le moment certaines exonérations du fait que je viens de m’installer qui vont diminuer d’année en années (donc les charges augmenter) , on voit que la perspective d’amélioration n’est pas évidente.  Il faudrait minimum 1000€ de chiffre d’affaires mensuel supplémentaire ; hors, même si j’augmente de 10 paniers, ça ne ferait que 400-500€/mois. Je peux baisser certaines charges, mais c’est assez limité. et comme je l’ai dit, on a pas de perte ! Et les paniers, c’est la meilleure façon de vendre : la plus rentable la plus rapide la moins coûteuse en production (puisque pas de perte). Outre le côté monétaire, crucial, ne nous voilons pas la face, franchement bosser autant pour RIEN DU TOUT, c’est vraiment pas satisfaisant, ni épanouissant (enfin, pas besoin de faire un dessin, je pense que n’importe qui peut comprendre),
  • Fred devrait bosser à l’extérieur, c’est ainsi qu’on avait prévu l’affaire. Bon il a dû démissionner de son travail pour venir ici, et on comptait bien qu’il ne trouve pas de travail tout de suite pour qu’il puisse m’aider un maximum. Maintenant, il va vraiment falloir qu’il trouve et quand il aura du boulot, il y aura une personne de moins à la ferme et même si on est organisé au petit poil, ça va être chaud, très, très chaud. Je ne peux pas non plus payer une personne de plus ; même pas 3-4 mois de saisonnier, ce qui serait pourtant nécessaire. Ni même augmenter les horaires de ma salariée. Et la perspective de bosser PLUS m’angoisse. Qui plus est, ça veut dire qu’in ne serait plus là non plus pour s’occuper de la maison et des repas ce qui me fera “perdre” du temps (et oui, Fred est meeeeeeeerveilleuuuuuuuux, au moins autant que moi :P, un vrai homme d’intérieur). Si on pouvait, financièrement, on resterait tous les deux à bosser là, c’est vraiment ce qui nous plait. mais je ne peux pas me passer de ma salariée ; en plus éthiquement, ça ne me vient même pas à l’esprit.
  • je voudrais pouvoir payer plus ma salariée, parce que vu le travail, ça me semble juste, même quitte à pas me payer mais même ça c’est pas possible, ou encore,  avoir un second salarié genre 20h/semaine quitte là encore, à pas me payer mais à bosser moins. Mais là encore, c’est complètement impossible,
  • on a beaucoup de boulot. bon ça de passe de détail. je ne sais pas combien de temps on peut gérer moralement et physiquement ce genre d’excès, sachant que ça va pas s’améliorer quand Fred bossera.
Pour résumer, d’un point de vu personnel, c’est satisfaisant, et on pourrait s’en contenter, si on était philosophe. D’un point de financier, ça va devenir critique dans l’année qui vient et malheureusement, c’est toujours le nerf de la guerre ; et puis ça me suer de bosser autant et de pas récupérer les fruits de mon labeur.
Bon, on mourra jamais de faim.
Oct 262011
 

Je viens de tomber par hasard sur ces photos, et franchement, j’ai complètement halluciné, je ne me souvenais plus que c’était aussi catastrophique ; alors, juste pour ne pas oublier, voici, l’état des serres il y a juste 20 mois. Ce qui peut vous permettre d’imaginer le boulot de malade désherbage qu’on a dû y effectuer.

L’exploit est qu’on a réussi à les rendre plutôt propre d’une saison à l’autre.

Sep 052011
 

Ca n’a échappé à personne, il fait un temps parfait pour les champignons.

La preuve :

 

(Oeuvre de la société Eco-Logis Bois à Lombron)

Avr 062011
 

Voilà (DÉJÀ !!!) deux semaines, nous avions prévu le montage d’une nouvelle serre. Indispensable pour cet été et les tomates. Elle nous a en fait déjà manqué cet hiver pour pouvoir faire des rotations correctes dans les serres et laisser le sol se reposer un peu.

Si nos envies de multinationale d’expansion se concrétisent, une serre supplémentaire sera encore bienvenue.

En attendant, et en espérant que le jour prévu du bâchage soit propice (pas de vent pas de pluie) Fred a commencé à préparer le chantier 10 jours avant. La serre était comprise dans l’achat de la ferme, mais n’avait jamais été montée.

Déballage, et pointage des éléments, lecture de la notice…

montage du pignon et préparation des éléments à monter en attendant de l’aide.

Puis en début de semaine Hadrien et Ludo sont venus mettre la main à la patte. En gros sans eux ç’eut été impossible.

fignolage du pignon. Je peux cafter, ça leur a pris 1:30 à réfléchir dans tous les sens.

Ainsi, en moins deux jours, c’était réglé, une belle structure complète :

construction des arceaux (18 en tout)

une fois tous les arceaux et les deux pignons montés : ce qui aura pris autant de temps que de monter le premier pignon 😀

mise en place des filins de nylon (ou un truc du genre) qui servent à éviter que la bâche ne pende entre les arceaux.

Le temps prévu pour ce we n’était pas fabuleux, mais je suis pas assez en forme pour faire un article à suspense, alors, je vous dis tout de suite que malgré tout, on a eu le temps qu’il fallait : pas de pluie et pas de vent (sauf pile au moment de passer la bâche par dessus la serre, mais ça s’est bien terminé).

Donc en ce samedi matin, nous avions convoqué une fameuse équipe de creuseurs : en 5’5″ ce fût réglé et deux magnifiques tranchées prêtes à accueillir la bâche furent creusées : 40 par 40 au bas mot ! Fred qui était chef de chantier a été très strict là-dessus. En effet, les tranchées sont indispensable pour maintenir la bâche enterrée. Avec ce système-là, c’est la bâche enterrée qui tient l’ensemble de la serre. Il existe aussi des systèmes avec bâche non enterrée, ce qui est pratique pour aérer, mais par contre, la structure doit être ancrée au niveau de chaque arceau et la bâche maintenue sur la structure par un ensemble de drisses.

En fait ça a été tellement rapide (9 personnes en plus de Fred et moi) que c’était fini en 1:15. J’ai à peine eut le temps de m’occuper de  l’indispensable irrigation du jour et de me retourner pour donner 2 – 3 coups de pelles. Bravo pour cette efficacité !

là c’est déjà presque fini !

 

Puis, arrivée d’une seconde équipe en début d’après midi pour la pose de la bâche. Là encore, grâce au concours de 14 autres personnes ça a été très rapide : 1:30. Par contre, on était à peine assez pour bien faire le travail. Avec 2 personnes de plus ça aurait été parfait. À retenir pour la prochaine fois.

Tout a été très facilité par l’intervention de nos voisins et amis concurrents du GAEC du Grillon qui ont dirigé d’une main de maître le montage de la bâche. Encore une fois, ils nous sont indispensables.

Bon, déjà, on déroule la bâche :

Puis on la fait passer de l’autre côté de la serre pour la recouvrir. À ce moment -là, personne ne peut prendre de photos, tout le monde a les mains occupées à tenir la bâche. Il faut imaginer que deux personnes sont grimpées sur les pignons et d’autres se déplacent le long des arceaux sur des escabeaux pour la faire avancer. Il ne faut surtout pas que les arceaux soient humides, sinon la bâche colle dessus et est impossible à déplacer. C’est bien entendu à ce moment-là qu’il y a eu un coup de vent, mais il faut croire que le tas de personnes qui était accroché dessous faisait le poids !

la bâche posée vue d’extérieur

la bâche posée vue d’intérieur

Bon… C’est là qu’on s’est rendu compte qu’il y avait un gros problème. On avait anticipé un tas de problème vu que dans cette ferme, dès qu’on utilise quelque chose, ça marche pas. C’est pour ça que Fred avait fait un pointage minutieux du matériel avant de monter la serre. Pour autant ça n’a pas suffit puisqu’une fois posée, il s’est avéré que la bâche n’était pas assez large. Au lieu de dépasser de chaque côté de 1m20 environ, ce qui permet de bien l’enterrer, il ne dépassait que 40 cm de bâche. Il fallait malgré tout s’activer, et nos comparses du Grillon ont pris rapidement les choses en main et décidé qu’on allait s’en contenter. Pour rendre la chose possible, il fallait remonter le fond des tranchée. Oui, je sais, chers creuseurs,  ça veut bien dire reboucher… (Hem hem…)…

donc, là, on rebouche un peu

Il convient que la bâche reste tout le temps bien tendue, donc pendant que certains rebouchent, d’autre tiennent fermement la bâche.


On passe enfin à la phase suivante : déposer une première couche de terre sur la bâche sur un premier côté de la serre pour la maintenir et commencer à la tendre : on fait un boudin dans un repli de bâche : quelques-uns tiennent ce repli pendant que les autres déposent la terre.

Puis, sur ce boudin, on remet un bonne couche de terre.

voilà ce que ça donne à la fin de la manip’

Après ça, c’est parti on fait la même chose de l’autre côté, en tendant la bâche le plus possible. Ici on l’a fait par moitié, comme on peut le voir :

Il faut vraiment très bien tendre la bâche, c’est la garantie de la réussite de la pose.

on sent que ça se relâche et que le plus important est fait !

Enfin, des deux côtés, on met des tas et des tas de terre sur la bâche pour bien en alourdir le bas et la faire tenir au mieux.

Et voilà :

Il reste néanmoins un peu de boulot : installer l’irrigation aérienne, les supports de culture, les portes…

Encore quelques jours quoi.

Merci à l’équipe de la semaine : Hadrien et Ludovic

Merci à l’équipe du samedi matin, fameux creuseurs : Brieuc, Nicole, Daniel, Philippe, Marie, Adalberto, Mickaël, Stéphane et Boris.

Merci à la grosse équipe de samedi après-midi : Théo, Joël, Vincent, Florence et Laurent, Olivier, Valérie et Guillaume, Philippe, Stéphane (encore), Thierry, Alain et surtout, surtout, Cor et Jean-Marie, nos chers concurrents sans qui rien n’aurait été possible et qui n’ont même pas saboté mes échalotes.

Merci à Florence et Valérie (et ouais deux fois) qui ont en prime fait du désherbage.

Et retenons la phrase du jour : “Finalement, le travail c’est pas si mal” (Brieuc, qui n’est quand même pas bien vieux)

Déc 072010
 

En tant qu’entreprise avec des salariés (enfin, un suffit en fait) ou un stagiaire ou un apprenti, ou même un client qui vient sur le site, je dois avoir édité un document appelé document unique répertoriant tous les risques présents sur l’entreprise, leur évaluation (en gravité et fréquence) et un calendrier des choses à faire pour les diminuer ou carrément les supprimer (c’est un peu basé sur la bonne foi).

Ce document, qui doit être lu par chaque personne intervenant sur l’entreprise, sert à l’informer sur les risques du travail. Il doit être mis à jour régulièrement et doit absolument pouvoir être présenté en cas d’accident du travail.

J’ai dû faire ce document pour Michel (avec qui je travaillais avant), ce qui me permettait d’avoir une bonne base par la suite pour moi. J’ai pas mal galéré pour savoir comment répertorier les risques d’une activité comme la sienne et donc la mienne, et pour trouver un modèle de document qui me convienne. J’ai fini par y arriver quand même, et puis après avoir fait le sien, j’ai fait le mien quand Aline est arrivée sur l’exploitation (j’aurais dû le faire bien avant hein).

Il a été corrigé et validé par la MSA, ce qui est très important à mes yeux.

Je me permets donc de faciliter la tâche des suivants, et hop, j’vous balance mon document unique pour vous servir de base de travail.

Oct 142010
 

Qu’Inès se rassure, monter une serre, ce n’est pas si compliqué, surtout quand elle est petite (et surtout pas pour moi qui pendant se temps là faisait tranquillement du travail de bureau assise sur ma chaise).

La serre que Fred et mon père ont monté la semaine dernière est une petite serre de 8m sur 3 qui va surtout nous servir à entreposer les semis avant plantation. Ce printemps, on était pas mal en galère de place avec notre serre actuelle.

On ne savait pas trop quel était le mode de fixation des bâches par défaut (à enterrer ou à haubanner), pour plus de simplicité et aussi parce qu’on est des traumatisés des coups de vent, on a choisi qu’elles seraient enterrées. Fred a donc passé deux coup de charrue pour faciliter le “gros-oeuvre” :

(vous remarquerez que le sol est bien propre, il faut dire que ça fait 5 mois qu’on repousse le montage de cette serre et qu’on a donc eu le temps de travailler maintes fois le sol et d’éviter les herbes. Si ça se trouve, c’est l’endroit le plus “propre” de l’exploitation !)

Les étapes, rapidement :

  • Assemblage des tubes (base, porte et arceaux)

  • Mise en place des différentes parties

  • Fignolage et réglage au p’tit poil, dernières fixations de la structure,

  • Approfondissement des tranchées en prévision de la fixation de la bâche

On ne le voit pas bien, mais ils ont rajouté des fils de fer très tendus parallèles aux arceaux pour éviter que la bâche ne flotte vers l’intérieur de la serre entre deux arceaux)

  • Déroulage de la bâche. Pas si facile, on se pose toujours un milliard de question pour savoir dans quelle sens ça se met…

  • L’opération où il faut pas se louper : la mise en place des lés (il y a en deux, placé à cheval sur la serre et qu’on superpose). Ils doivent être parfaitement tendus, superposés de telle sorte que l’eau ne puisse s’infiltrer d’une part et que le vent de soulève pas la bâche d’autre part. deux conditions quasi impossible à réaliser en même temps car la pente en dans un sens et le vent dominant dans l’autre…

(On place le lé au fond de la tranchée en laissant déborder à l’extérieur de celle-ci et on recouvre de terre. Puis on replie ce qui déborde sur la terre qu’on vient de déposer et on recouvre à nouveau de BEAUCOUP  de terre pour avoir un poids important)

  • Tasser la terre (c’est plus joli et puis comme ça on pourra passer la tondeuse au plus près)

Tout ça, on l’a appris grâce à Jean-Marie et Nicolas du Grillon qui sont accourus à notre secours quand en début d’année les prémices de Xynthia nous avait contraint à changer la bâche d’une serre.

Jusque là, le montage a pris une journée. Fred a fini le surlendemain : montage de la porte et couverture des petits cotés avec ce qui restait de bâche. Et voilà une bien belle et pratique serre :

Et moi je l’ai inaugurée aujourd’hui en y plantant dans un coin perdu de la stevia et du gingembre.

Remerciements tous spéciaux, dans l’ordre d’apparition, à Jean Cormier pour le don de la serre complète, à Dave pour le gros désherbage relou et à mon père pour l’aide précieuse.

Fév 242010
 

Vous pouvez encore boires des coup à notre santé .
Les aides Jeune Agriculteur nous sont accordées.

Fév 232010
 

Je reviens comme prévu sur le parcours à l’installation des jeunes agriculteurs.

D’abord, pourquoi faire ce parcours ?
Eh bien, essentiellement parce qu’il permet d’obtenir des prêts.

  • Des prêts à taux bonifiés à 2,5% ou 1% (si on s’installe en zone défavorisée) pour un montant total possible conséquent et sur tous les postes d’investissements nécessaire quand on s’installe : foncier (pour un certain pourcentage du coût total de l’installation), reprise de l’ancien matériel et des anciens bâtiments agricoles présents sur l’exploitation, nouvel investissement dans du matériel neuf, construction de bâtiments agricoles,
  • Une dotation (une somme d’argent quoi) conséquente qui permet de démarrer sereinement sa première année, notamment en permettant de ne pas prélever d’argent pour son compte personnel ; mais qui peut être utilisée à tout ce qu’on veut : investissement, emploi, désirs personnels. En ce qui me concerne, si tout va bien, je m’en servirais comme d’un salaire et pour rémunérer des saisonniers, cet été au moins,
  • On peut ajouter à ces aides comptables une aide technique pour monter un projet viable en amont de l’installation et en aval des aides ponctuelles possibles à la demande pour du soutien technique ou administratif.

On peut se poser la question de faire ce parcours ou non. Dans ma logique de dépendre le moins possible des instances administratives agricoles (parce que je suis contre le système de subventions européennes à la production, qui biaise clairement le prix des denrées agricoles), il aurait même été cohérent de s’en passer. Oui mais voilà, vu que ces aides existent et notamment le prêt bonifié, il est fort peu probable que quelque banque que ce soit ait pris le risque de nous faire des prêts sachant que l’État pouvait prendre le risque. Déjà qu’au vu des comptes de l’exploitation précédente (catastrophiques selon les standards comptables), on a eu du bol de tomber sur le banquier qui connaissait l’exploitation et gageait de sa rentabilité.

On peut prétendre au titre de jeune agriculteur tant qu’on s’installe avant 40 ans.

Comment effectuer ce fameux parcours ?
Tout d’abord, il faut avoir ou acquérir la capacité professionnelle agricole. Il s’agit d’avoir un des diplômes suivants :

  • brevet de technicien agricole,
  • brevet de technicien supérieur agricole,
  • baccalauréat technologique, série sciences et technologies de l’agronomie et de l’environnement (STAE),
  • baccalauréat professionnel agroéquipement, conduite et gestion de l’exploitation agricole, productions horticoles,
  • d’autres diplômes ou titres (ingénieurs, etc.) participent également à la délivrance de la capacité professionnelle agricole.

En ce qui me concerne, après une réorientation professionnelle, j’ai effectué en 2008-2009 un BP Responsable d’Exploitation Agricole en formation continue à l’IREO d’Orléans.
Ce diplôme doit être complété par le parcours à l’installation proprement dit :

(source)

Le mieux est peut-être de commencer le parcours dès qu’on a une exploitation en vue, même si il reste valable assez longtemps pour envisager de le faire sans cela.
Nous pensions nous installer dans 2 ans, le temps pour moi de me former au mieux auprès d’un maraîcher bio du coin (à l’époque, Orléans), après ma formation à l’IREO. Seulement, on est tombé par hasard sur une annonce décrivant la ferme de nos rêves au mois de mai (alors que j’avais du boulot par dessus la tête, des tonnes de rapports à faire) ; une ferme assez proche mais pas trop d’une ville, en maraîchage (idéal pour disposer de suite du matériel adéquat), déjà certifiée AB (parfait pour éviter de perdre du temps avec la période de 3 ans de certification), avec la maison au milieu des à peu près 6 ha (exactement la surface qu’on visait pour pouvoir avoir des bestioles, à l’avenir), et cerise sur le gâteau, des panneaux photo-voltaïques ! Du coup, tout s’est précipité (même si on a pas pris notre décision à la légère), et puis finalement, on avait pas trop le choix parce que je n’aurais pas trouvé de boulot à temps suffisamment plein chez un maraîcher bio près de chez nous passé la saison d’été.
Il fallait donc se lancer, malgré mon peu d’expérience.

Heureusement, je sortais de stage de chez le plus parfait des maîtres de stage qu’on puisse trouver en la matière. Un bon pédagogue et un excellent maraîcher. Après que j’eus donc préparé mon auto-diagnostic et qu’il a été convenu avec les conseillers ‘compétences’ et ‘projet’ que je devais compléter ma formation avec 3 mois de stage, j’ai bossé tout l’été chez Michel pour continuer jusque fin novembre en stage chez lui. Tous a été pensé pour pouvoir envisager un déménagement en début d’année, afin de préparer le sol et lancer les semis pour les récoltes de printemps, absolument indispensables pour bien commencer son activité et réussir sa première année.
L’auto-diagnostic peut mettre en avant le besoin de formations supplémentaires spécifiques à chaque projet et à chaque personne. Ce sont les actions qui sont mentionnées dans le schéma. Pour ma part, il m’a été conseillé de suivre si possible une formation sur les poules pondeuses (puisque nous avons quelques poules en diversification).

Pendant cette période de stage et les préparatifs classiques d’un futur déménagement, il faut gérer un tas de choses, comme l’indique le schéma ci-dessus :

  • Faire faire une étude économique du projet, le PDE (attention, étape coûteuse, mais indispensable). Pour la mienne, comme il n’existait
    pas de chiffres de groupe (comprendre de chiffres économique en maraîchage bio), elle était assez compliquée à faire. Heureusement, j’avais bien préparé le terrain, vu que c’était aussi le sujet d’un de mes nombreux rapports de formation, que j’avais je pense détaillé au maximum. Pour recueillir des chiffres, il m’a fallu cependant enquêter auprès des maraîchers que je connaissais et appliquer des astuces mathématiques aux résultats recueillis pour les appliquer à la ferme que nous visions (heureusement, assez proche en surface et répartition des exploitations que je connaissais déjà). Bref, j’ai quand même du faire une grosse partie du boulot, et du coup, je vais m’organiser pour calculer année après années mes prix de revient, pour moi déjà, afin de fixer des prix de vente les plus justes, et pour les futurs candidats à l’installation ensuite.
  • Trouver une banque (ou plusieurs et faire jouer la concurrence),
  • Faire un montage financier pour la reprise distinguant la partie professionnelle de la partie privée (on ne finance pas la maison avec des prêts bonifiés, par exemple), s’arranger pour que le notaire fasse les documents correctement (et ça parait évident, mais on a eu les pires problèmes à ce propos et on a perdu du temps précieux et beaucoup d’énergie, par mauvaise volonté de sa part, je pense),
  • Vérifier sans arrêt que tous les documents sont remis aux bonnes personnes au bon moment,
  • Déposer une demande d’autorisation ou une déclaration d’exploiter. Pour la surface qu’on a, une déclaration suffisait pour moi, mais j’ai été (très très et par plusieurs personnes) mal renseignée et j’ai dû faire une demande d’autorisation, ce qui m’a valu quelques sueurs froide : la personne du service concerné a essayé de m’expliquer que bien que future propriétaire du foncier, bien que normalement éligible au statut de JA (Jeune Agriculteur), bien que la propriétaire cédante nous assurait de l’exclusivité de la vente et était ok pour qu’on reprenne
    l’exploitation, rien de promettait que je ne me ferais pas souffler la place par un autre JA. J’avoue, j’ai rien compris, je crois même qu’elle s’est trompée (ou alors j’ai vraiment vraiment rien compris), mais j’ai stressé quand même,
  • Se renseigner et préparer en amont sur tous les documents nécessaire à l’activité agricole précise. Pour moi en vrac, dans les désordre et il en manque sûrement : déclaration auprès de la DSV pour la vente des oeufs, déclaration du forage existant, rapprochement de l‘organisme certificateur AB pour pouvoir vendre dès les premiers marchés sous le label, rapprochement du GAB (Groupement des Agriculteurs Bio) de la Sarthe pour avoir les infos, les contacts, les renseignements précieux et indispensables, préparation des systèmes de vente pour s’assurer d’une clientèle, contact avec les fournisseurs

Là où on a fait très fort (peut-être indépendamment de notre volonté) c’est qu’on a réussi à vendre d’un coup d’un seul notre superbe petit appartement tout refait de la vieille de notre déménagement (quelle tristesse) à des amis (la tristesse en a été atténuée) qui ont été assez gentils pour se caler sur nos dates et tout a ainsi pu se faire dans le bon ordre pour nous et nous éviter un prêt-relais. Ça, ça a été un vrai bon coup de pouce et beaucoup de soucis en moins !
Toutes ces étapes ont été encore plus compliquées car nous habitions à Orléans et qu’on s’installait dans la Sarthe. Il fallait donc s’organiser pour limiter les allers-retours, prendre les premiers contacts dans le Loiret, dégrossir le trait et transférer les dossiers ensuite dans la Sarthe, faire que tous les interlocuteurs des deux départements se contactent et se comprennent, …
Et puis, comme si ça suffisait pas, tout a été encore plus compliqué parce que je voulais m’installer en créant une société (du coup ça devient le parcours du combattant à l’installation), et que Fred devait démissionner puisqu’il nous fallait déménager trop loin de son travail. on s’est donc renseigné pour savoir comment faire les choses et surtout dans quel ordre : savoir quand démissionner par rapport à l’obtention de tel ou tel papier, sachant que c’est le numéro de SIRET de la société agricole créée qui fait foi pour bénéficier du statut de rapprochement de conjoint (un beau fiasco de l’administration d’ailleurs cette histoire puisque les instances compétentes ont confirmer plusieurs fois à Fred que cette justification n’était pas du tout nécessaire que le seul changement d’adresse suffisait, ce qui bien entendu s’est révélé faux quand Fred a fait dans la Sarthe son dossier de demandeur d’emploi). Et on peut pas trop faire les choses dans le désordre, bien évidemment. Je l’ai appris à mes dépends, alors que j’avais pris à moultes reprises la précaution de me renseigner auprès de plusieurs personnes compétentes et différentes, puisqu’il a fallu au dernier moment que je stoppe la procédure de création de la société pour ne pas entrer en conflit avec les conditions d’attribution des aides.
Enfin, cela me permet de pouvoir proposer un ordre des chose à faire quand on s’installe et qu’on créé une société et qu’en plus de ça, une personne du couple doit démissionner (ça c’est le bonus) :

  • Demander l’autorisation d’exploiter (ou faire la déclaration),
  • Se rapprocher de la personne compétente à la chambre pour faire le dossier de demande d’aides à l’installation (attention, étape
    onéreuse
    encore),
  • Faire préparer les statuts de la société par un notaire compétent (étape aussi onéreuse que l’étude économique, pour moi 1200€),
  • En parallèle, voir le CFE (Centre de Formalité des Entreprises) de la chambre d’agriculture, qui peut/doit fournir des documents formatés administratifs à remplir pour cette création de société et son organisation sociale (qui sont le ou les gérants, qui y travaille, qui sont les personnes qui se partagent les parts…) ; et surtout, qui envoie les statuts à l’immatriculation
  • Attention ! S’arranger avec le notaire et le CFE pour que la date de création de la société soit postérieure à celle du passage en CDOA (la dernière étape du parcours) et donc, que les papiers ne soient pas envoyés trop tôt au registre des commerces,
  • S’assurer que votre conjoint ne démissionnera pas trop tôt par rapport à la date de création de la société. Le numéro de SIRET ou le KBis faisant office de preuve et sachant qu’il peut y avoir un délais de 3 mois max entre la démission et la création,
  • Demander un transfert de DPU si le cédant en possède et si vous les voulez bien sûr,
  • En cours de route, vous recevrez tout un tas d’autres documents à remplir et à renvoyer. C’est pas toujours facile de les remplir. Il vous faudra de toute façon savoir le maximum de chose sur l’exploitation et être pour cela ne bons terme avec le cédant. il vous faudra certaines autorisations de sa part, et ses numéro de parcelles, etc…,
  • Et si vous êtes contraint d’acheter des fournitures pour l’exploitation avant d’être officiellement installé, il faut réussir à avoir des facilité de paiement déjà, et ensuite à se débrouiller pour pouvoir rembourser son compte privé si nécessaire, voire récupérer la TVA l’année suivante sur ces achats…

(Cela étant mes conclusions après toutes mes péripéties administratives, peut-être n’ai-je finalement pas tout compris, ou bien que certains renseignements étaient, et donc sont, faux. ce qui est possible, vu qu’ils changent en fonction de mes interlocuteurs).

Si vous n’êtes pas pressé comme nous l’étions, vous n’êtes pas obligé de faire en même temps que tout ça et juste après votre stage PPP le stage SPI (Stage Préparatoire à l’Installation), qui se passe dans les locaux de la Chambre et permet de préparer son projet d’un point de vue économique social et juridique. Cette étape est également onéreuse (je précise tout ça parce que pour tout ce qui concerne les formalité payantes de la chambre d’agriculture, je l’ai su au moment de devoir payer. Aucune personne dans aucune des deux Chambres n’avaient jugé bon de m’en avertir… Et je n’étais pas la seule dans ce cas là).
Moi j’ai tout fait en même temps et dans la foulée, mais la plupart de de mes co-stagiaires n’avaient fait que le stage PPP quand il leur était demandé (les personnes qui ont une grande expérience agricole en sont dispensé en gros) et à peine entamé toutes les autres démarches administratives. Certains en était encore au stade de la réflexion pour le statut juridiques, les études économiques n’étaient pas encore faites, parfois même la recherche d’une exploitation était toujours en cours, et une personne a même dû renoncer à son projet initial.
Mon SPI s’est passé sur 5 jours (le minimum dans la Sarthe)  entre début janvier et mi février. Il peut être plus dense avec les modules optionnels qui peuvent parfois être proposés d’une part en fonction de la nature du projet, d’autre part en fonction de l’agriculture du département.
Je dois dire que pour les personnes qui sortent du BP en formation pour adulte (au moins celui de l’IREO d’Orléans) toute cette formation juridico-socialo-économique est quasi inutile, j’avais tout vu l’année précédente. Néanmoins, j’y aurais rencontré des gens très intéressés et intéressants et noué quelques relations indispensables !

L’ultime étape : le passage en CDOA : La Commission Départementale d’Orientation Agricole. Elle étudie l’ensemble du projet d’installation du candidat (cohérence, équilibre économique et financier, etc…). Sous la tutelle du Préfet, elle accorde ou refuse le statut de jeune agriculteur et l’ensemble des aides nationales à l’installation (…). Par la suite, elle vérifie que les engagements pris par le jeune agriculteur sont bien respectés pour le versement des aides d’Etat et des financements bonifiés liés au projet (source).
La commission est composée 32 membres (…) : (source)

  • 5 membres représentants l’Etat et des collectivités territoriales (DDA, Conseil Régional, Conseil Général, Communautés de communes, etc)
  • 14 membres représentants le secteur agricole proprement dit (Syndicats, MSA, Chambre d’Agriculture, banques, etc)
  • 8 membres représentants des activités concernées par l’agriculture (entreprises agro-alimentaires, coopératives, distributeurs, etc)
  • 5 membres au titre d’associations ou d’experts.

Bref, vous en aurez compris l’importance cruciale.

J’ai fini mon SPI vendredi dernier. Comme une partie de mon parcours devait être validé par la DDA (Direction Départementale de l’Agriculture), il a fallu un mécanisme d’horlogerie pour que l’attestation fournie vendredi par la Chambre de la Sarthe arrive le plus rapidement possible à la Chambre du Loiret, qu’elle y soit validée par la DDA, qu’elle même retourne l’attestation à la Chambre du Loiret pour qu’elle soit renvoyée à la Chambre de la Sarthe, pour la commission d’aujourd’hui mardi. Parce que c’est aujourd’hui que mon projet est examiné.
Aujourd’hui que je sais si oui ou non, on a bien fait de faire le pari de venir habiter ici avant d’avoir les moyens d’être fermiers…

Fév 142010
 

Bon, je vais reprendre un peu depuis le début.

Nous sommes donc arrivés dans la Sarthe le 15 janvier 2010. La ferme est constituée de 5,5 ha de terres, d’une maison d’habitation dans laquelle nous allons avoir pas mal de travaux, d’un hangar contenant l’essentiel du matériel de maraîchage qu’on peut mettre derrière un des deux tracteurs, d’un poulailler de 30 poules pondeuses (on va passer à 50), de 4 serres (tunnels plastiques non chauffés) avec une supplémentaire à monter, et d’une petite serre contenant un bac chauffant qui va nous permettre de faire nos propres plants.
Les terres sont organisées en pâture, champs et serres, plus l’espace autour de la maison et du hangar. Concrètement, on mettra en culture les serres, et 1,5 ha de terrain ; un peu moins cette première année.

L’exploitation était déjà du maraîchage, donc on a à peu près tout le matériel. On voudrait investir dans un autre moyen pour faire les mottes de plants (j’y reviendrai dans un autre article), dans un bâtiment technique (stockage des légumes et préparation des paniers), dans un camion que je pourrais conduire (celui-ci est trop dur pour mon bras), …
Elle est déjà certifiée en agriculture biologique, ce qui est un grand avantage. Nous n’aurons pas à attendre 3 ans pour vendre sous ce logo que la certification se fasse.
Par contre, il n’y a pas eu de culture depuis 2 ans, alors même si les terres de la partie cultivable ont été un peu entretenues, il faut quand même tout recommencer.
Et, bien sûr, nous n’avons pour le moment rien à vendre.

La première semaine, on savait pas trop où donner de la tête (maintenant non plus, cela dit). J’avais rêvé avoir le temps avant de venir de faire un planning, mais j’ai eu malheureusement bien trop d’autres choses à faire, ce qui fait que d’un point de vu organisation, c’est toujours pas ça. Je pense que ça va se tasser et que je vais pouvoir enfin faire une organisation du tonnerre, parce que ceux qui me connaissent le savent, ça va pas pouvoir durer comme ça .

Heureusement, mon père et Nicole sont venus nous aider toute cette première semaine, et moralement et physiquement, c’était une excellente idée. Mon père qui s’occupe d’un verger le reste de l’année nous a taillé tous les arbres fruitiers.

un des coins “verger” avant…

… et le même après

Nous avons beaucoup d’arbres sur la propriété, dont un magnifique eucalyptus dont les feuilles feront une excellente tisane, et ils n’ont pas été entretenus. Il y a aussi toutes les haies (environ 1 km)… Et pourtant, nous allons manquer de bois pour nous chauffer !
Il y aurait aussi les framboisiers à tailler qui occupent à peu près 1500 m2. Mais ils sont vieux, et on a préféré les laisser pour cette année, se concentrer sur les autres productions et récolter simplement ce qu’il y aurait sans se prendre trop la tête. Nous allons en enlever une partie l’automne prochain et mettre autre chose à la place. En même temps, on va diversifier la production de petits fruits en ajoutant des myrtilles, des groseilles et des cassis.

Pendant que mon père taillait, on a commencé à désherber une première serre (avec l’aide de Lilou ). Voici les étapes du désherbage et de la préparation du sol :

au départ

après quelques heures de désherbage : essentiellement du chiendent très pénible à retirer. Mais on a la chance d’être sur du sable, ce qui facilite son extraction.

On a retiré plusieurs dizaines de m3 de matière végétale…

après quelques jours de désherbage. On a donc enlevé tout le chiendent possible (des mètres et des mètres..) et tout ratissé

on a ensuite arrosé pendant plusieurs jours, le sol n’ayant pas reçu une goutte d’eau depuis plus d’un an

enfin, préparé le sol avec les outils du tracteur : rotavator puis rouleau et traceur (je reviendrai sur les outils plus tard).

Après ça, il a fallu encore monter les portes, et tout couvrir de plastique pour faire un faux semis. Cette technique consiste à préparer le sol comme si on allait y semer quelque chose. Les graines de mauvaises herbes germent alors qu’on y a rien semé d’autre, et on peut alors se débarrasser d’une certaine
quantité de celles-ci, avant de semer les bonnes graines. Ici, nous allons désherber au désherbeur thermique avant de semer des carottes, des radis et des navets. On couvre de plastique pour accélérer la levée des graines de mauvaises herbes.
En tout, sur cette serre, en désherbage et préparation, le temps passé à 1, 2 ou 3 selon les moments aura été de 25 heures (et c’était la moins sale).

En même temps on a commencé à débarrasser deux autre serres. On se mettait un peu la pression pour lancer des cultures au plus vite, mais finalement, il fait tellement froid, que rien de sert de se presser et du coup, on a un peu (pour Fred qui bosse beaucoup dans la maison) voire beaucoup (pour moi) ralenti le rythme cette semaine. La semaine prochaine, on commence les semis pour faire les premiers plants, et on continue le désherbage en parallèle.

On a aussi commencé à prendre pas mal de contacts dans la commune, entre autre, nos concurrents directs, très sympas , et les personnes impliqués dans la vie “bio” du coin, agriculteurs ou non.
C’est très motivant et on a déjà passé de bons moments.
On a fait le tour de quelques fournisseurs : il faut penser aux semences, mais aussi à l’engrais et à l’amendement, à l’aliment des poules, au matériel de protection individuelle, à faire établir des devis pour tous le matériel qu’on achètera par un emprunt (des nouvelles couvertures pour les serres, de l’irrigation, etc…), continuer des démarches administratives…
Et puis, gros chantier, il y a énormément de rangement et d’amélioration à faire dehors. Évidemment, on a pas du tout le temps de faire ça et c’est fort dommage parce que visuellement, on y gagnerait sacrément. Sans compter qu’on retrouverait peut-être nos p’tits, à savoir pouvoir faire une liste du matériel qu’on a vraiment et où le trouver.

Dans un prochain article, on parlera semis.

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