Mai 012013
 

C’est vrai. …

À la condition essentielle d’accepter de payer sa nourriture à un juste prix, celui qui correspond au prix du travail effectué pour la produire ce qui n’est pas du tout le cas actuellement.
Je sais de quoi je parle, je suis gérante d’une exploitation de la taille dont il est question dans la vidéo, celles qui développent beaucoup d’emploi, seulement, malgré plus de 50 heures par semaine de travail pour mon seul poste (jusqu’à 100 heures en été), je ne gagne RIEN (salaire = 0€/mois) ; sans espoir d’amélioration à court/moyen/long terme.
Alors, oui, j’ai créé un emploi qui est rémunéré, mais nous sommes 3 à travailler, et seulement 1 à pouvoir être payé.
Et l’argument des subventions et de la PAC dont pour la plupart des consommateurs pensent qu’elles compensent l’absence de revenus des agriculteurs, (à juste titre, la communication à ce sujet étant des plus obscure), c’est totalement faux ; pour une partie des agriculteurs (pour simplifier, ce sont les industriels agro-alimentaire et les céréaliers qui en profitent, mais l’agriculture, c’est aussi les fruits, les légumes, les éleveurs de viande, ceux de lait, le safran et les plantes aromatiques, les fleurs, les oeufs, ….).

En maraîchage bio, c’est, toutes subventions confondues, maximum 4000€/an.
En somme mon travail non rémunéré subventionne les légumes que nous produisons pour que vous puissiez les acheter à un prix “marché”.

  3 Responses to “(R)évolutionnons l’agriculture”

  1. Bonsoir,

    Je suis en cours de réflexion pour faire une reconversion en tant que maraîcher (je travaille actuellement dans l’informatique). Je suis votre blog depuis un certain temps, avec une grande attention. Et à la lecture de ce post, j’ai eu un moment de … je ne sais pas trop, en fait. Je sais très bien que le métier de maraicher n’est pas un métier facile, qu’il ne faut pas compter ses heures. Mais de là à travailler pour rien, je veux dire financièrement parlant, ce doit être très difficile. J’ai pris contact avec des maraîchers de ma région, voire même d’ailleurs (en correspondant par le net), et le discours qu’ils me tiennent est que c’est en effet très dur.
    Je vous souhaite beaucoup de courage, et j’espère de tout coeur que votre situation s’améliorera à l’avenir. Et que les choux de chine seront un des derniers fiascos 😉

    David

  2. Ça me laisse pantoise de voir à quel point les gens sont prêts à bouffer des légumes bourrés de produits toxiques et cancérogènes, souvent venus de l’autre côté de la planète (patates d’Israël, oignons de Nouvelle Zélande, etc.) cultivés par des semi-esclaves (Espagne…) au détriment de l’emploi local, et bien sûr avec des produits “phytosanitaires” interdits en UE, tout ça pour épargner quelques euros… c’est ce qui s’appelle des économies qui coûtent très cher !! non seulement pour leur santé mais aussi pour l’écologie locale et planétaire. Je ne parle même pas de l’intérêt stratégique (à plus d’un titre) de soutenir les petites exploitations bio pour l’avenir.
    Ca fera peut-être changer certaines personnes d’avis : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/le-taux-de-pesticides-dans-le-corps-humain-est-plus-eleve-chez-les-francais_3168725_3244.html
    A mettre en parallèle avec le fait que le cancer des hommes français est loin au-dessus des autres pays européens et constitue la première cause de mortalité (la 2e chez les femmes)…

  3. David >> Oui, c’est un constat amer. Malgré tout, je suis toujours contente de faire ce boulot et persuadée que c’est vraiment ce qui me plait et que j’ai envie de faire. Tout le temps passé dans les champs même quand c’est dur voire très dur, j’adore, et j’ai encore plus avec la comparaison que je peux faire d’un emploi salarié “classique”. C’est tellement chouette comme travail et d’autant plus avec Aline que j’en viendrais presque à me contenter de pouvoir payer les factures de l’exploitation et Aline, mais, d’une part, on ne vit pas d’eau fraîche, et puis, ça serait très injuste pour moi., et je ne suis pas encore maso.
    Merci de vos encouragements. Ces soutiens, même virtuels sont très importants.
    J’espère que vous trouverez de votre côté une formule qui satisfasse vos envies et la nécessité de rémumérer son travail. C’est sûrement possible, mais pas je pense dans un petit système comme le notre.

    Mousty >> bon, évidement, je n’ai rien à ajouter de plus, je suis totalement en accord avec toi, mais je ne suis pas seulement pantoise, je suis aussi très en colère (pas forcément contre “les gens”, d’ailleurs, même si parfois, ils me euhhhhh… fatiguent).

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